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Télétravail et immobilier : des tendances se dessinent

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Le second numéro de « L’état du centre-ville », rapport trimestriel sur l’activité socioéconomique au centre-ville de Montréal, présente une mise à jour des données au quatrième trimestre de 2020 par rapport au deuxième trimestre, dans six catégories d’indicateurs soit les bureaux, les commerces, l’habitation, l’enseignement supérieur et l’achalandage-mobilité. Le sondage a intégré plusieurs nouvelles questions permettant de mieux cerner les tendances relatives au télétravail et à l’immobilier résidentiel et commercial au cœur de la métropole. Le sondage web a été réalisé entre le 6 et le 14 janvier auprès de 1 000 résidents de la région métropolitaine de Montréal. Les questions portaient sur la situation avant le 24 décembre 2020, et donc avant l’imposition de la fermeture des commerces non essentiels (25 décembre 2020) et du couvre-feu (9 janvier 2021).

Le télétravail, ni passager ni panacée

Au quatrième trimestre de 2020, environ 70 % des travailleurs du centre-ville réalisaient leurs activités professionnelles à la maison plus de trois jours par semaine. Le sondage indique que les deux tiers des répondants (67 %) souhaitent continuer en télétravail la majorité du temps après la pandémie. Il s’agit d’un recul de 9 points de pourcentage par rapport au deuxième trimestre de 2020.

« La crise a normalisé le télétravail. On se dirige sans doute vers un point d’équilibre bureau-maison qui variera selon les milieux et les circonstances. Pour mieux documenter le phénomène, nous avons demandé aux répondants ce qui était rendu plus facile ou plus difficile par le télétravail. Ce regard offre des pistes de réflexion intéressantes pour les dirigeants d’entreprises », explique Glenn Castanheira, directeur général de Montréal centre-ville.

Lorsque interrogés sur différents aspects du télétravail, les avis sont partagés quant aux relations avec les collègues : la moitié considère qu’il est un peu plus ou plus difficile d’établir des relations. À la question sur la facilité de régler les problèmes en télétravail, un peu moins du tiers des répondants considère qu’il est un peu plus ou plus difficile de résoudre des problèmes. Par ailleurs, lorsqu’on demande aux répondants s’ils sont plus productifs en télétravail, 17 % considèrent être moins productifs et on note une proportion semblable, soit 18 %, qui pensent que le télétravail nuit à leur créativité.

Davantage de bureaux à louer

Dans les tours de bureaux du centre-ville, le mouvement à la hausse des disponibilités d’espace s’est poursuivi alors que le taux général d’inoccupation s’est établi à 12,4 % au quatrième trimestre de 2020, en hausse de 2,6 points de pourcentage par rapport au deuxième trimestre de l’année. Cette donnée générale contient toutefois des réalités contrastées. Alors que la situation a relativement peu bougé dans les édifices de classe[1] A entre les trimestres 2 et 4 de 2020, la détérioration a été significative dans les immeubles de classe B, qui affichent un taux d’inoccupation de 15,7 % (en hausse de 4,2 points) et plus encore dans les immeubles de classe C où 20,3 % des locaux sont inoccupés (en hausse de 6,5 points).

« Cela signifie que les entreprises qui sont dans les immeubles les plus prestigieux résistent mieux à la crise que celles qui sont des immeubles meilleur marché, et qui sont généralement de petites entreprises ou des entreprises en démarrage. Le taux d’inoccupation est préoccupant pour les gestionnaires immobiliers, puisqu’il affecte la rentabilité des immeubles, mais il est aussi un indicateur de l’impact de la crise sur l’économie », analyse Jean-Marc Fournier, président directeur général de l’Institut de développement urbain du Québec (IDU). Le faible nombre de travailleurs, d’étudiants, de touristes au centre-ville se fait toujours durement sentir. Le taux d’inactivité[2] des commerces est resté stable à près de 30 %.

Condos en revente : hausse des inscriptions, baisse des transactions

Du côté de l’immobilier résidentiel, les ventes de copropriétés neuves ont chuté de 53 % entre les périodes correspondantes de 2019 et 2020. Du côté de la revente, en comparant les trimestres 4 de 2020 et de 2019, on remarque une baisse de 17 % des ventes et une hausse de 68 % des inscriptions.

Le sondage a comporté de nouvelles questions sur l’immobilier résidentiel, notamment sur les intentions de déménagement. Dans l’ensemble, 19 % des personnes interrogées dans la grande région de Montréal envisagent de déménager (185 sur 1 000). De façon générale, elles sont nombreuses à vouloir demeurer dans leur secteur actuel de résidence. Le centre-ville de Montréal reste ainsi le quartier de choix pour 50 % des personnes qui y vivent déjà et qui pensent changer d’adresse. Le centre-ville est également la destination pour 10 à 20 % des personnes songeant à déménager et qui habitent actuellement d’autres secteurs. Les petits nombres en cause rendent toutefois les proportions hasardeuses. D’autres enquêtes seront nécessaires pour mieux cerner les tendances et établir les relations avec le marché de la vente et de la revende d’unités d’habitation.

Transport en commun et tourisme

Le sondage a en outre indiqué une augmentation de l’utilisation des transports en commun au centre-ville, même si l’achalandage est encore une mince fraction (22 %) de son niveau antérieur à la pandémie. Les données relatives à l’activité touristique sont au plus bas. Entre novembre 2019 et novembre 2020, le taux d’occupation des hôtels a chuté de 62 points, le nombre de touristes enregistrés dans les hôtels a dégringolé de 84 %, la fréquentation des musées, évidemment, s’est effondrée, puisqu’ils ont été fermés l’essentiel de l’année.

À propos de L’état du centre-ville

L’état du centre-ville est piloté par Montréal centre-ville et l’Institut de développement urbain du Québec (IDU) en partenariat avec la Ville de Montréal et le gouvernement du Québec. Plusieurs organisations publiques et privées contribuent aux données qui sont colligées par le Groupe Altus. Ce rapport gratuit et accessible à tous a été pensé pour les décideurs publics, les gens d’affaires, les chercheurs universitaires et les citoyens. L’état du centre-ville n’a aucune coloration politique et ses données peuvent être utilisées par tout groupe, citoyen ou association. L’état du centre-ville est disponible sur etatducentreville.com, et diffusé sous forme d’infolettre aux membres et partenaires de l’IDU et de Montréal centre-ville. Les données présentées sont aussi disponibles sur le site web des données ouvertes de Montréal (donnees.montreal.ca). Dans toutes ses déclinaisons, L’état du centre-ville est gratuit.

À propos de l’IDU

Fondé en 1987, l’Institut de développement urbain du Québec (IDU) est un organisme indépendant et sans but lucratif. L’IDU est le plus important représentant de l’industrie immobilière commerciale au Québec. Il agit principalement à titre de partenaire entre les membres de l’industrie, les autorités publiques ainsi que l’ensemble des parties prenantes de l’écosystème de l’immobilier commercial.

À propos de Montréal centre-ville

Montréal centre-ville est la Société de développement commercial (SDC) du centre-ville de Montréal, un organisme à but non lucratif qui regroupe près de 5 000 entreprises membres situées entre l’avenue Atwater et la rue Saint-Urbain et entre la rue Sherbrooke et la rue Saint-Antoine. Elle est la plus grande organisation du genre au Canada.

 

[1] Classification des immeubles

CLASSE

Description*

Part de l’offre

A

Immeubles de grande hauteur dans le quartier central des affaires.

60 %

B

Immeubles un peu plus âgés, avec locataires de qualité et un loyer dans la moyenne du marché.

35 %

C

Immeubles plus âgés, situés sur des rues moins intéressantes, pouvant nécessiter des rénovations.

5 %

*Source : boma-quebec.org

[1] Le « taux d’inactivité » inclut toutes les causes de non-opération ou d’inoccupation, qu’il s’agisse d’une fermeture temporaire, d’une fermeture pour rénovation ou d’une fermeture permanente.

 

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