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Aires TOD : conditions de succès

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Plusieurs villes se sont mises à l’heure des aires TOD. Ces zones urbaines multifonctionnelles et structurées autour d’un réseau de transport en commun sont vues comme le moyen de relever le défi de la densification. Mais pour que cette approche remplisse vraiment ses promesses, il y a des conditions à respecter. « Il y a beaucoup de facteurs qui peuvent compromettre la réalisation concrète des secteurs TOD », soutient Gabriel Rioux, directeur de projets, Groupe conseil BC2.

Cette approche, née aux États-Unis dans les années 1990, vise une meilleure intégration entre les politiques de transport et les questions d’urbanisme. Parmi les villes québécoises qui font l’expérience des TOD (pour Transit-Oriented Development), Montréal tient le haut du pavé. Pas moins de 150 zones ont été identifiées comme telles dans son plan d’aménagement adopté en 2012. La métropole s’est fixé comme objectif d’orienter au moins 40 % des nouveaux ménages dans des quartiers de type TOD d’ici 2031. Une proportion qui pourrait atteindre 60 % si l’offre en transport en commun est augmentée. La région de Québec, quant à elle, a amorcé sa réflexion quant à son redéveloppement autour de ses axes de transport. L’exemple de ce qui s’est fait ailleurs peut se révéler utile.

Des TOD, oui, mais…

Par définition, un quartier TOD doit permettre aux habitants d’accéder facilement à pied à un noyau de services et de commerces, et à une station de transport collectif. Ce n’est toutefois pas toujours le cas. « Il y a des tracés en transport en commun qui sont peu attractifs, explique M. Rioux. D’autres qui sont peu utilisés, mais qui sont saturés au bout de quelques années et d’autres qui ne répondent qu’à des déplacements de type pendulaire [le fameux métro-boulot-dodo]. Par exemple, la ligne orange du métro de Montréal, chaque station est identifiée comme un TOD, mais elles n’ont plus la capacité de soutenir une densification plus forte de ces secteurs. »

Il donne aussi l’exemple de Boisbriand qui est en passe de devenir une aire TOD… sans transport en commun. « Il y a tout un secteur qui va naître sur les anciens terrains industriels de l’usine de GM. La planification TOD est imposée alors que la gare du train, elle, se fait attendre. On voit apparaître du commercial de grande surface de type autoroutier, mais le volet résidentiel ne lève pas. »

Un autre enjeu : l’atteinte de la densité. Il y a de nombreux paramètres à prendre en compte dans le découpage d’une aire TOD. Des éléments comme une zone industrielle, l’emprise d’une autoroute, la présence de milieux humides, etc. peuvent faire en sorte de réduire la surface constructible. « Densité ne doit pas être associé à entassement », dit-il.

Sa firme BC2 a récemment travaillé sur quelques projets dans la grande région métropolitaine, dont le TOD L’Assomption situé sur une ancienne friche industrielle occupée par l’usine Electrolux avant son déménagement aux États-Unis. « Il y a un potentiel de redéveloppement de 25 hectares à côté d’une zone urbaine, précise Gabriel Rioux. On a souhaité consolider un pôle d’emploi de type agro-industriel en tirant profit des synergies déjà présentes. Un exemple où l’on évite de fragiliser un noyau ancien déjà présent. »

Conditions de réussite

« La réussite de l’approche TOD suppose d’aligner la stratégie à différentes échelles, souligne-t-il. Il faut d’abord travailler à l’échelle métropolitaine ou de l’agglomération afin d’encourager une forme d’urbanisation qui tient compte des différentes dynamiques régionales. Il faut travailler également à l’échelle locale en fonction de l’aménagement des quartiers. Il importe de rehausser les standards de design urbain de façon à ce que la densité augmente et d’insister sur la qualité des lieux publics, sur la mixité fonctionnelle et sociale, sur la création de lieux de rencontre à l’échelle humaine. Il faut réaliser tout ce beau programme, et, c’est là le défi, sans oublier d’offrir en nombre suffisant de logements abordables. »

« La réalisation des TOD est l’affaire des pouvoirs publics, des promoteurs, des spécialistes et des citoyens, ajoute-t-il. C’est un travail conjoint qui prend du temps. Les règles doivent être claires, les échéanciers d’investissement publics respectés et les processus d’évaluation et d’approbation des projets accélérés. Ce sont là des conditions essentielles pour créer l’effet de levier attendu par l’approche TOD. »

 

 

 

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